PETITE MAISON QUI DEVIENT GRANDE : LE 38

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Créée par Anita Berchenko, la maison Les Editions du 38 m’a accueillie pour deux romans et une nouvelle dans un collectif. AB FLLogo 38

 

 

 

 

Sans faire de bruit, peu à peu elle s’est développée et vient de signer un contrat avec France Loisirs, pour que tous ses titres soient intégrés à la librairie numérique.

Quelle belle surprise, prometteuse de davantage de visibilité pour les auteurs qui ont eu la chance d’être publiés par Les Editions du 38 !

Philae FL

Pour nous retrouver facilement et consulter les ouvrages publiés, il suffit de cliquer sur le lien suivant qui vous renverra sur tous les blogs des auteurs ainsi que leurs photos et livres, répertoriés par Bernard Afflatet.

LES AUTEURS DU 38

 

Ou bien, en consultant directement la librairie numérique de France Loisirs.

LES EDITIONS DU 38 FRANCE LOISIRS

De très riches heures…de  lectures en perspective.

Vite, on se connecte !

 

Souvenirs d’une nuit torride…

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Plume 5Une semaine s’est déjà écoulée depuis ma dernière nuit blanche érotique…

 

Pour l’écriture d’une nouvelle, dans le cadre du PNE,

organisé par Les Avocats du Diable et Le Diable Vauvert

   what did you expect ?

 

 

LOGO ÉRO

 

Tout d’abord, il faut attendre 23h59 pour découvrir dans son courriel les contraintes de thème et de mot final, ajoutées à celles de  la limite dans le temps puisqu’il faut rendre sa copie au petit matin, ainsi que celle du nombre de signes maximum autorisés (20000). Comment s’occuper en attendant que les heures passent, sans céder à l’endormissement dans le cocon douillet du salon ? Avoir recours à la télévision n’est pas une très bonne idée, les niaiseries du samedi soir incitent plutôt au laisser-aller dans les bras accueillants de Morphée. Musique plutôt. Verdi, le Requiem, voilà qui devrait me tenir en éveil ! Avec, pour m’encourager puisqu’on n’est jamais mieux servie que par soi-même, une -grande- coupe de champagne, ouvert pour l’occasion, dans lequel je fais couler délicatement quelques sanglots de crème de framboises. Bio. Faite de mes blanches mains, avec les framboises du jardin, un excellent rouge et du sucre roux…

Ensuite, ce sera du café, car si j’abuse des bulles rosies, je risque d’être légèrement grise et de ne plus maîtriser ni la plume ni le clavier !

Au Dies Irae, je me connecte sur Facebook pour aller papoter un moment avec les auteurs qui participent à cette folle nuit sur le groupe fermé Nos Nuit d’Encre créé l’an passé par l’ami Galan Dorgia. Ils sont nombreux déjà à bavarder dans l’excitation montante au fil du temps qui passe… Bien lentement. Chacun sort ses munitions: qui son whisky, qui sa verveine (?), ses tablettes de chocolat , -oui, le vrai, pas celles du chéri- son plaid douillet et son doudou porte-bonheur ! Je ris de bon cœur avec eux, via l’internet pendant un moment.
Minuit moins une… Je me connecte à ma boîte mail.

Cette année, la nouvelle aura pour toile de fond « Un dîner de cons » et devra s’achever par le mot « commode ».

Immédiatement, deux flashs : évidemment le film avec Villeret, basé sur une histoire vraie et dont j’ai connu l’un des instigateurs, et une petite phrase nominale : pas commode !

Puis, dans le cadre d’un concours de nouvelles érotiques, le mot « cons » prend une autre tournure dans l’énoncé. Comment traiter ce sujet en faisant preuve d’originalité ? Céder à une certaine facilité en évoquant, ou prenant comme prétexte le fameux dîner de cons, dériver dans une histoire de cons et de culs ? J’ai remplacé Verdi par Scarlatti et Haendel, de la guitare douce. Mon cher cahier de brouillon et un stylo bille en main, je me mets à jeter en vrac les idées qui viennent sur les pages quadrillées. Je m’aperçois assez rapidement que mes démons personnels prennent vite le dessus, et que finalement, quel que soit le thème, ils s’invitent toujours pour parler des émois du cœur et du corps, du désir et du plaisir… Mettre un peu d’ordre, ensuite dans tout cela. Une pause s’impose, avec un nouveau café. Il est déjà près de 3 heures, le changement à l’heure d’hiver va s’opérer tandis que je redescends au salon grignoter une tranche de pain grillée-beurrée pour accompagner ma citerne de café.

En effet, lorsque je retrouve mon écran, la petite horloge du P.C affiche 2 heures. Ce qui me rassure, car le plus dur reste à faire : rédiger la chute de mon histoire pour qu’elle s’achève sur une commode, son introduction et me jeter dans le vide en écrivant directement le corps de l’histoire que je me raconte. L’avantage d’être en tête-à-tête avec son bureau -d’ordinateur- et ses dictionnaires fétiches est certain. Je me suis constitué ma propre « banque de données » avec un éventail de champs lexicaux des « mots de la chose », croisés avec d’autres dans lesquels j’aime aller piocher quand un substantif ne vient pas immédiatement sous les doigts qui courent à présent sur le clavier. En cas de besoin, mon fidèle Bertaud du Chazaud est toujours prêt et mon vieux Logos m’ôte le doute qui peut subsister sur la correction de l’emploi d’un mot ou d’une expression. Au pire, Internet est aussi utile, mais j’aime la présence rassurante de mes dicos dont les pages si souvent tournées commencent à accuser une fatigue certaine. Moi aussi d’ailleurs, à 3h50… Je n’ai pas encore terminé la rédaction de mon récit, je surveille le nombre de signes, tout va bien, je suis dans les clous.

Mais je dois arrêter quelques minutes. Mes jambes sont raidies par cette station assise prolongée et surtout très tardive. Ou matinale, selon le point de vue. Mon dos tiraille, mes yeux picotent et ont rougi. Là, je m’offre une nouvelle coupette de bulles, « parce que je le vaux bien » et que la première est déjà bien loin ! En effet, la fraîcheur du breuvage pétillant me revigore. Pour terminer, ce sera Brahms. Après avoir fait bouger aussi Tosca -la chienne cane corso- qui ronfle décidément trop fort… Jusqu’à 3h40, je vais poursuivre pour enfin taper le mot « commode ». Je me relève pour m’étirer de tout mon long une dernière fois. A présent, il faut relire, traquer les inévitables coquilles sournoisement dissimulées dans le corps de mon texte. A 4h05 -soit pour moi en réalité 5h05- je relis pour la troisième fois et les lignes se mettent à danser sur l’écran… La musique s’est tue sans que je m’en aperçoive, j’ai comme un petit  tambour qui bat à mes oreilles au rythme des battements de mon cœur. Je ne vois plus grand-chose, les dés sont donc jetés.
Il est 4h 13 quand j’appuie sur la touche « envoi » depuis ma boîte mail, après avoir quand même vérifié que j’ai bien joint ma nouvelle !

Curieusement, j’ai l’impression de ne pas avoir sommeil en dépit de l’énorme coup de fatigue et de stress ressenti. Cette nuit blanche aux allures de marathon est terriblement excitante. Parce que même si les amis sont là, virtuellement à portée de main et de clic, elle est très solitaire, renferme sur le seul cocon de l’imaginaire qui peu à peu se déroule, emporte, transporte littéralement au fil des mots dévidés comme écheveau. Pour aller jusqu’au bout de ce défi à soi-même, et de façon très masochiste, en y prenant un infini plaisir.
Normal, peut-être, quand on écrit de l’érotisme ?

Et vous, amis auteurs, comment avez-vous vécu cette incroyable et diabolique nuit ?

C’est l’automne, tombent les feuilles…

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Et les nouvelles publications !

C’est aussi le passage à l’heure d’hiver et, devenu maintenant traditionnel:

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Cette année, dans la nuit du 28 au 29 octobre, le défi à relever était d’écrire une nouvelle érotique

avec une quadruple contrainte. Un thème : « Un dîner de cons », un mot sur lequel le récit doit

s’achever : « commode », un temps restreint de minuit à sept heures du matin et enfin une limitation à

20 000 signes. Défi relevé, copie rendue à 4h09 (soit 5h09 en heure d’été) comme les 233 autres

auteurs qui ont aussi passé cette nuit blanche d’écriture !

A présent, l’attente des suites, dans un premier temps en février.

20171028_094648            Il vient de paraître !

  

      LE BLASON DE JULIE-ANNE

Un joli livre qui allie la photographie de charme et la poésie.

A offrir aux amateurs d’art et de belle littérature, et s’offrir pour le plaisir ! Noël approche…

                 Et enfin… en novembre . A découvrir , sans oublier de monter le son !

Un jour d’automne

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Lundi 2 octobre

anne_bert juillet2017C’est dans le train qui me ramenait en Normandie que la nouvelle du départ d’Anne m’est parvenue dans la matinée.

Ce n’est pas une surprise, je savais que depuis une semaine, elle avait été accueillie très discrètement dans le service des soins palliatifs de l’hôpital belge où elle avait choisi d’être euthanasiée.

Il y a trois jour seulement, nous échangions encore, et je recevais son dernier texto, empreint d’humour mais aussi de cette gravité et de l’affection qui sied aux mots d’adieu. Sans jamais tomber dans le pathos, qu’elle exécrait.

Sa « SLAlope » l’a vaincue, elle qui aimait tant la vie. Elle a fait le choix de mettre un terme à une lente agonie, dans le refus de cette sédation profonde qui contente le corps médical français et tous les bien-pensants qui s’octroient le droit de décider à la place des patients atteints de maladies incurables.

Elle a mené jusqu’au bout son combat pour tenter de faire bouger les consciences afin que la liberté de choisir sa vie comme sa mort soit enfin légiféré. Elle a supporté d’être invectivée pour cela, prise à partie et mise à mal, y compris par certains médecins, opposés à l’euthanasie dont l’indécence du discours me semble atterrante. Tous comme les propos de croyants, bien loin de la caritas, de l’amour du prochain et de la tolérance pourtant fers de lance de leur foi.

Alors, au chagrin se mêle la colère. L’écœurement aussi, puisque Anne a dû s’exiler pour mourir en paix, entourée de l’amour des siens mais si loin de chez elle où elle aurait tant aimé s’éteindre. Je pense à la peine de Rémi, son époux et de sa fille Roxane.

D’elle il reste ses livres, celui qui paraîtra dans quelques jours, dont elle savait qu’elle n’en verrait pas la publication. Je ne le lirai pas tout de suite, gardant encore les souvenirs de nos rires, de nos échanges, son franc-parler et son écriture si belle. L’absence ainsi sera un peu moins cruelle.

J’aime ce portrait récent d’Anne, symbolique de la maladie qui, comme le lierre, s’accrochait à elle. Son regard ne fixe pas l’objectif mais se tourne en elle-même, nous donnant à imaginer toutes les pensées de celle qui va mourir…et a maintenant, comme elle me l’a écrit, rejoint les étoiles.

Anne Le tout dernier été

Baiser d’amour, baiser d’extase…

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hayez_jpg_1200_630_cover_85 Ah le baiser… Qui ne se souvient du tout premier donné et reçu ? Celui qui ne s’oublie jamais, dont on a gardé intacts en mémoire le goût, la saveur, le plaisir, l’émotion suscitée de la découverte, l’émoi ressenti tandis qu’une langue, habile ou maladroite, franchissait les lèvres pour un envahissement troublant, prélude à d’autres jeux.

D’ailleurs, le verbe baiser a plusieurs définitions : Poser ses lèvres sur quelqu’un, quelque chose, en signe d’affection, d’amour, de respect , avoir des relations sexuelles avec quelqu’un et en langage populaire, il devient synonyme de tromper, duper, ce qui est paradoxal et remarquable dans le glissement de sens ! (Dictionnaire Larousse)

Curieusement, il apparaît que la littérature érotique se soit peu emparée du baiser, préférant sans doute aller droit au but dans le cash de la description de la « baise », dérivé de baiser… Qu’il soit doux, tendre, moelleux, long, émouvant, troublant, torride, langoureux, amoureux, fripon, fougueux, passionné, il est une étape incontournable souvent allègrement franchie pour que les langues aillent fouiner ailleurs. D’ailleurs, n’est-il pas remarquable que cette langue, en embrassant, devient sexe, sans cesser pour autant d’être « gustative et loquace »*. De fait, elle se fait sexe unique, hermaphrodite, le même pour les deux amants. Initiateur du désir, le baiser déclenche simultanément deux fonctions vitales : alimentaire et sexuelle.

L’ expression manger, dévorer de baisers prend alors tout son sens.

Tous ces baisers profanes sont proches du baiser sacré, qui ouvre la voie à l’extase mystique. Gautier de Coincy raconte que Marie apparut une nuit à ce sacristain qui lui était tant dévoué. En larmes, il sollicita de la visiteuse l’honneur de baiser ses pieds saints, ce à quoi elle répondit :

—  que jamais ne touche mes pieds ta sainte bouche (…), mais en ma face colorée, beau doux ami, me sied et me plaît que ta belle bouche me baise.

Bernini ThérèseLes grandes mystiques européennes, expertes en baisers, sont allées plus loin dans les récits de leurs extases que les poètes. Ainsi, la « bienheureuse » italienne Marguerite de Faenza (XIIIè siècle) était coutumière des baisers bouche à bouche avec le Christ. Comme à la même époque Angèle, qui retrouvait dans la tombe son Amour, Jésus, pour un baiser sur la bouche, scellant l’union spirituelle par l’union charnelle. Toutefois, la sexualité des religieuses ne serait pas matière humaine mais divine. Ce sur quoi les ecclésiastiques ne sont guère loquaces, taisant les ardeurs et les emportements livrés dans le secret de la confession ! Pourtant, le seizième Livre du Cantique des Cantiques dans la Bible est un ode à la sensualité qui s’ouvre sur cette célèbre apostrophe :

— Qu’il me baise des baisers de sa bouche ! (I – 2)

Comment en est-on donc venu à réprimer le baiser ? Dans l’Italie du XVIè siècle, un baiser volé pouvait à Florence entraîner l’exil ou la prison, et un siècle plus tard à Naples, c’est la décapitation que l’on encourait pour un baiser ! Heureusement, quelques téméraires bravèrent les interdits pour célébrer les plaisirs de la chair et des sens. Ainsi, Louise Labé, -au nom prédestiné pour une pécheresse !- dans ses Sonnets et Elégies ou Débat de folie et d’amour, osa donner une voix féminine à la flamme amoureuse:

« Baise m’encor, rebaise-moi et baise;

donne m’en un de tes plus savoureux;

donne m’en un de tes plus amoureux,

je t’en rendrai quatre plus chauds que braise. »

Et pour vous, qu’est-ce que le baiser ? Je crois, avec Maupassant que

« Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. »

* Alexandre Arribas, Petite histoire du baiser (éditions Nicolas Philippe, mai 2003)

Illustrations : Hayez, Le Baiser (1859) Gian Lorenzo Bernini : Extase de Sainte Thérèse, détail

Église Santa Maria Della Vittoria de Rome

 

 

Les tabous ont la vie dure !

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PhilaeWEBLa littérature érotique s’étale aux vitrines des librairies, aux rayons livres des grandes surfaces, voire parfois sur les affiches du métro parisien. Et pourtant…

Il se trouve que j’avais été conviée sur un salon du livre en province. Bien sûr, on me demande quelles sont mes publications récentes susceptibles d’être en relation avec le thème de l’année, à savoir « Biographie et Autobiographie ». Puisque Philae d’îles en ils, récit biographique romancé de Danaé B. que j’ai mis en mots vient de paraître (Éditions du 38, collection Paulette), je m’étais empressée de répondre favorablement à l’invitation, ravie à l’idée de présenter ce livre qui concorde parfaitement avec le sujet choisi par les organisateurs.

Las ! Cet ouvrage sent le soufre à plein nez ! L’héroïne, inconditionnelle du sexe -balançant de l’un à l’autre- narre un exceptionnel road-trip, au cours duquel elle s’adonne à tous les plaisirs, y compris ceux qui conduisent aux portes de l’enfer. Il s’agit donc d’un livre entrant dans la catégorie « érotisme ». Le mot est lâché, rien ne va plus.

Je suis donc priée de ne plus venir, car « le comité lecture a systématiquement écarté toutes les biographies ou autobiographies relevant de la littérature érotique. »  (sic)

Avec des précautions oratoires exquises des plus louables, on m’explique que le public est « familial« ,  » de tous âges« , et qu’il serait donc inconvenant que la bio  « d’une telle personne » puisse choquer les habitués du salon. Impossible de m’accueillir avec « ce genre de littérature » (re sic)

Je me suis donc empressée d’effacer de ma page Salons et Dédicaces l’annonce que j’y avais faite de cette manifestation à venir. Hors de question d’embarrasser qui que ce soit avec un livre par trop diabolique ! Cependant, je m’interroge : on n’a jamais autant exposé le sexe et le cul, mais il ne faut surtout pas proposer ce qui semble toujours être considéré comme un sous-genre littéraire. Je ne suis pas chagrine d’être empêchée de participer à un salon, mais très contrariée (euphémisme) de la persistance de tabous qui entravent toute liberté de choix des lecteurs et relèguent au cachot, comme le furent jadis Sade, Casanova, Wilde, tout récit à « connotation sexuelle explicite ».

Ôtez-moi d’un doute : ne sommes-nous pas au vingt-et-unième siècle, en 2017 ?

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C’est la rentrée, Vive les Femmes Profs !

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rentrée prof-sexyNous avons toutes traîné nos fonds de jeans sur les chaises d’un lycée aux côtés de condisciples mâles. Souvenez-vous… Quelle place occupaient-ils, et vous, où étiez-vous assises pendant les cours au tournant des années 90 ?

Les fortes-en-tout -dont vous faisiez forcément partie- étaient groupées côté couloir, le stylo vissé dans la main. A l’opposé, côté cour, les joyeux rêveurs se situaient plutôt vers les dernières rangées, un œil à la fenêtre surveillant l’extérieur, l’autre balayant en panoramique l’ensemble de la classe. De ces places privilégiées, qui, comme eux, n’a jamais balancé dans le dos du prof l’avion en papier portant l’inscription pleine d’humour : « Tartebatte, t’as du poil aux pattes » ? Quant aux chaises du premier rang central, elles étaient squattées à l’année comme des prie-Dieu dans une église par quelques pimbêches amoureuses du prof de physique.

Les mecs, selon les cours, les en délogeaient régulièrement pour leur piquer la place.

Parce que les profs, eux, dans leur grande majorité étaient -et sont restés- des FEMMES ! C’est en fonction du type de femme-prof que l’occupation de l’espace classe fluctue. Tel le dompteur ou la petite souris, c’est en sautant d’un pied léger ou en gravissant péniblement la marche de l’estrade que LA prof fait son entrée pour officier une heure durant. Non, toutes les enseignantes de mathématiques ne sont pas des binoclardes perdues dans leurs théorèmes. Certaines sont même de vraies bombes ! Ne soyez donc pas étonné(e) que votre Alexandre soit devenu accro à une matière qu’il avait jusqu’alors tout autant ignorée que sa Sophie-la-girafe, conservée  dans votre boîte à reliques avec une tendresse fervente.

LA PROF SEXY

A la fin des nineties, pourquoi Romain, Guillaume ou David se ruaient-ils comme des lions prêts à bouffer des chrétiens dans l’arène sur la rangée du milieu quand Mademoiselle Martin, fraîchement agrégée de maths, arrivait en cours ? Parce qu’elle avait dans la silhouette du Claudia Schiffer mâtiné de Cindy Crawford. Quand elle ôtait son imper, le taux de testostérone passait en alerte rouge chez les joyeux potaches de sexe mâle. Tout juste s’ils ne se mettaient pas à hurler en tapant sur leur table, genre loup de Tex Avery devant sa pin-up.

Peu frileuse, la blonde matheuse arborait hiver comme été un t-shirt moulant et décolleté sur un généreux 95 C, pigeonnant dans son Wonderbra. Souvent rose fuchsia ou vert anis, le haut contrastait joliment avec son jean en denim bleach qui lui faisait un cul d’enfer ou sa mini-jupe de daim noir. Comme elle n’était pas très grande, elle devait se hisser sur la pointe de ses escarpins en levant les bras pour commencer sa démonstration tout en haut du tableau.  C’était à cet instant précis que Romain devenait cramoisi et laissait tomber son crayon. L’objet malicieux roulait par hasard hors de sa portée, au pied de l’estrade, l’obligeant à ramper pour le récupérer… Quand Miss Martin, bonne fille, se baissait à son tour en tournant le dos à la classe pour le ramasser, les autres garçons du premier rang frisaient le coup de sang. En dépit d’un courrier au proviseur demandant à conserver leur prof en terminale, ce fut Madame Labory qui vint les préparer au Bac. Vite surnommée Le Mètre Cube, sexagénaire et auvergnate d’origine, elle devait accuser sans forcer les cent vingt kilos au pesage pour un mètre cinquante-cinq. Quand elle déclara d’entrée de jeu à la classe atterrée, accent rocailleux en prime : « Je suis les norrrrmes mathématiques », la phrase fut interprétée au vol, déclencha un fou-rire général suivi d’une généreuse distribution d’heures de colle.

LA PROF NOUNOU

Presque aussi sexy que la précédente, elle se taille un certain succès. Souvent mariée dans le civil, parfois pourvue de marmaille, elle a entre trente-cinq et quarante-cinq ans. Son engagement très affectif, auprès de ses élèves donne à penser aux garçons qu’il s’agit peut-être d’une cougar. Elle se garde bien de démentir cette rumeur, relayée chez ses collègues par Radio-Vipère. Elle fait surtout office d’assistante sociale, de nounou, d’infirmière, de psy, accessoirement de prof. De lettres ou de langue vivante. Océane, de 1ère 4, par exemple, ne sait toujours pas écrire trois phrases cohérentes sans aligner une douzaine de fautes. Par contre, elle a été sauvée de la déprime dans laquelle elle commençait à plonger quand ce salaud de Valentin l’a plaquée pour une pouffe de Terminale E. C’est Madame Edouard qui lui a prêté ses kleenex et une oreille attentive pendant une heure  pour la dissuader de mettre fin à ses jours, dans la salle des profs. Vide bien sûr puisque les autres profs, eux, faisaient cours sans imaginer le drame qui s’était joué à leur insu. Les élèves de 1ère 4, délaissés pendant ce temps, avaient tiré les rideaux, éteint la lumière  pour écouter « La Isla Bonita » à donf. Le CPE y avait alors dû faire une intervention musclée car des effluves suspects qui ne sentaient pas que le tabac blond étaient parvenus jusqu’à son bureau.

LA PROF VIEILLE FILLE (type1)

La jeune prof célibataire est l’un des fleurons de l’Ed. Nat. (traduisez Éducation Nationale). Ce prof n’a aucun sex-appeal, pas d’enfants, pas de mari, pas de copain, parfois quand même une vieille maman. Ou un chat. Elle s’investit totalement dans son métier pour lequel son abnégation est sans limites. Elle s’est fixé une Mission. Elle est la Jeanne d’Arc de la SVT, la Charlotte Corday de la Physique-Chimie. Vêtue d’un sempiternel tailleur copie-de-Chanel qu’elle a confectionné de ses blanches mains -la couture est son seul hobby, son unique plaisir solitaire- . Elle fait entendre haut et fort la voix de SA matière scientifique. Pour totaliser ses dix-huit heures de cours hebdomadaires, elle exerce son sacerdoce dans six classes, chacune comptabilisant un peu plus de trente élèves. Non seulement elle les connaît tous, mais encore elle leur fait hanter régulièrement ce haut lieu de pèlerinage qu’est pour elle la Cité des Sciences. Aucune expo n’échappe à sa conscience professionnelle, au grand dam de ses collègues qui cherchent leurs élèves partout quand ils sont en « sortie pédagogique ».  Elle termine l’année comme un marathon, le teint livide, au bord de la syncope. Mais elle a accompli son sacro-saint Devoir. Même si elle s’est vengée en baissant toutes les moyennes parce que pour les élèves, le plus chouette, à la Villette, c’était le bar. Où ils étaient allés s’empiffrer de sucreries et de coca après l’avoir semée au détour d’un escalator…

LA PROF VIEILLE FILLE (type 2)

A quelques encablures de la retraite, la prof-toujours-célibataire est devenue bien plus réjouissante (en un seul mot). Sur Internet elle a trouvé plusieurs «âmes sœurs » et elle s’éclate le dimanche après-midi dans un thé dansant parisien à chaque nouvelle rencontre qu’elle ramène chez elle pour le dernier verre. Le lundi, le retour au tableau devient plus difficile, ce dont les élèves abusent avec la cruauté caractéristique de l’ado moyen. Elle tient pourtant le choc, se rit des menaces de mort taguées à la craie avant son entrée dans la cage aux fauves. Elle laisse supposer aux facétieux graphistes anonymes qu’elle a quelque talent en magie noire et qu’elle ne manquera pas de jeter un sort aux responsables des graffiti à l’orthographe calamiteuse. Ce qui fait blêmir Mamadou, l’auteur du « On aura ta pot, sal… » Il se promet illico d’aller consulter le marabout désenvoûteur qui exerce à Aulnay-sous-Bois. Elle fait de très longues pauses café à la récré, les yeux brillant de convoitise pour l’alléchant fessier du nouveau collègue prof de gym. Il est très joli garçon, a trente ans de moins qu’elle et lui remonte le moral. En échange de quoi, elle lui raconte des blagues grivoises, l’eau à la bouche et la main baladeuse.

LES FEMMES PROFS SONT-ELLES VRAIMENT… DES FEMMES ?

De nos souvenirs à la réalité professorale quotidienne, il y a à peine un pas. Les stéréotypes ont la peau dure et les mythes sont vivaces. Cependant, après avoir mené à bien de longues années d’études, passé -et repassé- des concours de haut niveau, la réalité « du terrain » que découvrent ces enseignantes est souvent à des années lumière de leurs rêves et de leurs illusions. Car elles sont bien des femmes, avec leur vie, leur intimité de femmes, trop souvent propulsées sans ménagement dans une jungle sauvage et oppressante. Elles travaillent alors très dur, petits soldats au service de l’Institution, tout en essayant de préserver leur intégrité féminine…

Quand votre Arthur ramènera son bulletin auquel figure un 02 souligné d’un trait rouge et rageur par sa prof d’allemand, ne vous ruez pas sur cette quiche qui a forcément votre chère tête blonde dans le nez… Cherchez plutôt à savoir votre cher ange est assis dans la classe et quel type d’élève il peut bien être.

Et vous, quel(lle) élève étiez-vous donc ?

 

Un été érotique

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  20160905_114727  On a beau vous seriner sur tous les tons qu’il est économiquement correct d’acheter français, avouez-le… Vous vous étiez précipité(e) sur…Grey dès sa parution ! Par cul-riosité, juste pour voir. Quelque soit votre alibi, vous comptez vraiment étaler votre serviette de plage aoûtienne pour vous (re ? ) plonger dans les insipides aventures pseudo SM du millionnaire fat qui excite Margot -pardon, Anastasia…- dans les chaumières ?

Sans aller jusqu’à faire des fouilles dans « l’enfer » de la B.N pour se souvenir que Anaïs Nin, Pauline Réage ou Régine Deforges ont depuis bien longtemps ouvert la voie de l’érotisme féminin, de beaux textes contemporains sont à découvrir, voire à relire, pour notre plus grand plaisir.

Voici quelques suggestions – surtout pas exhaustives – qui pourraient bien vous enchanter.

Faut-il rappeler le nom de Françoise Rey, surnommée à juste titre (les siens sont nombreux !) La grande Dame de l’érotisme ? Ou celui de Françoise Simpère ? Leur écriture est hautement excitante, raffinée, tout comme la plume si sensuelle d’Anne Bert dont « L’eau à la Bouche » ou « S’inventer un autre jour » sont de vraies perles, tout comme « Perle », son premier roman.

Qu’il s’agisse de romans, de novellas ou de nouvelles, l’éventail du choix contemporain est si large qu’il ne peut que combler la lectrice coquine qui sommeille en chacune d’entre nous.

Catherine Marx, Eva Delambre, Octavie Delvaux, Emma Cavalier, Aline Tosca, Julie Derussy, Clarissa Rivière, Noann Lyne, Alexandrine d’Aumale, Barbara Katts, Cassandra Maraval, Alexandra Di Folco… Et Julie-Anne de Sée (pour ne citer qu’elles)  ont toutes des plumes bien trempées !

Leurs ouvrages sont abondants et alléchants. Il suffit de visiter leurs maisons d’édition ou les revendeurs pour y dénicher de vraies pépites.

(Tabou, La Musardine, Blanche, Pocket, Numeriklivres, Dominique Leroy, la Collection Paulette des Édition du 38, L’Ivre-Book entre autres, Fnac, Amazon)

Et les messieurs, me direz-vous ? Au pays du divin marquis, la relève est plus qu’assurée. Qu’ils soient de vieux briscards du sexe comme Patrick Le Sage (Maître SM, aux éditions Tabou), ou bien des journalistes connus qui lorgnent du côté de leurs fantasmes pour y donner libre cours. Ainsi Philippe Lecaplain vous fera rire tout en vous émoustillant avec ses surprenantes « Dames de l’Annonce », dont il a fait une pièce jouée avec succès l’hiver dernier dans une petite salle parisienne. Les chevelures de feu deviennent obsession dans « Pourvue qu’elle soit rousse » de Stéphane Rose, La truculence amusante d’Etienne Liebig vous troublera, Denis Robert vous surprendra avec « Le Bonheur ». Vous ne pourrez qu’aimer la « Christelle corrigée » de Romain Slocombe, « Les Délices de la Duchesse » de Charles Delygne, « Les chattes » de Thomas Galley, les délicieux ouvrages de Jean-Baptiste Messier ou bien les textes de Daniel N’Guyen, Jean Zaga ou encore la poésie libertine de Galan Dorgia.

Pour en savoir davantage, consultez La Bauge Littéraire

(http://baugelitt.eu/)

Alors, et vous, lirez-vous français cet été ?

L’amour des mots en héritage

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20160724_082910Dans ma famille paternelle, on a fait les enfants à un âge déjà avancé et un étonnant décalage de générations s’est établi. Du fait des guerres, peut-être. Ainsi ma chère Mémé Sidonie aurait pu être mon arrière grand-mère, mon père mon grand-père.

J’entends encore les chansons qui me berçaient, d’une autre époque, où il était question d’amours paysannes. La « tant belle amie » s’en allait à la rivière pour y faire boire son « vieau », elle y rencontrait Pierre, le fils « à Nicolas Gerviaux » et n’en revenait pas indemne. Le sens caché m’échappait, je m’assoupissais avant la fin de l’histoire aux nombreux couplets. Sidonie chantait, comme on récite une antienne, avant d’égrener son chapelet et murmurer en roulant les r (elle était native de Sarlat) dix Je vous salue Marie d’affilée.

Mais surtout, elle faisait usage de nombreuses expressions qu’elle m’a légué et qui émaillaient ses propos. Il arrive que mes interlocuteurs en soient surpris et amusés lorsque l’une ou l’autre m’échappe encore car elles renvoient à des temps révolus, à une culture de terroir, en un langage fleuri, souvent allusif.

Les comparaisons animalières reflétaient une certaine sagesse populaire, empreinte d’un bon sens non dénué d’humour. Pour décrire quelqu’un, par exemple. D’une personne empotée, on dirait une poule qui a trouvé un cure-dent, un sot  est bête à manger du foin et mieux vaut céder aux ânes plutôt que de les battre. Une personne disgracieuse est laide à faire rater une couvée de singes. Une femme maigre est épaisse comme une limande en couches, à l’inverse et ronde on ne l’a pas engraissée à l’eau claire (allusion à la nourriture donnée aux cochons) et de celle qui est mal fagotée, sa toilette lui va comme un tablier à une vache ou elle est fichue comme l’as de pique. Un sournois est franc comme un âne qui recule, un susceptible a été vexé comme un rat sans queue, un joyeux peut être excité comme un pou sur une gale, celui qui avale de travers a dans la gorge un chat qui veut passer la queue levée. Peut-être le liquide a-t-il emprunté le trou de la prière car celui qui s’étouffe s’en est jeté un derrière la cravate ou bien en écoutant quelqu’un chanter faux dont il dit qu’ il chante mieux qu’un cheval mais court moins vite. Lorsqu’on reçoit un cadeau, il faut savoir s’en contenter car à cheval donné, on ne regarde pas la bride. Justement, quand on se contente de ce que l’on a, cela fait la rue Michel, formule empruntée aux conducteurs de fiacre.

Souvenir encore des voitures à cheval : quand le sommeil nous gagne, on a les paupières lourdes, en capote de fiacre. Les allusions sexuelles étaient adroitement dissimulées dans l’emploi des mots. Un cœur qui bat la breloque est sur le point de tomber amoureux, ce qui lui pend au bout du nez comme un sifflet de deux sous avant de faire zizi pan pan ou une fricassée de museaux sous une charmille. Alors, pour avoir les pieds en bouquet de violettes, (jouir), pas question de s’endormir sur le rôti ! (avoir un fâcheuse panne…) Cela faisait bien rire la tsitsimoriotte que j’étais alors et qui ne captait pas ces doubles-sens pourtant clairs comme de l’eau de roche.

On peut se moquer du tiers comme du quart d’avoir raté quelque chose, donc d’ être chocolat. Si l’on est conciliant, on est du bois dont on fait les flûtes, voire, on a le caractère mieux fait que la taille. À moins que l’on ne soit agacé par une situation qui fait friser les moustaches. On peut alors se consoler d’un brimborion (un petit objet dérisoire) qui ne casse pas trois pattes à un canard ou avec un bon repas et ainsi sortir son ventre de la misère, parce que ce n’est pas tous les jours fête et lendemain dimanche avant de se laisser tomber comme une poire chope (trop mûre). Toute occasion de distraction est bienvenue, faute de quoi le temps semble long comme un jour sans pain.

Le paresseux n’a guère plus de courage que de beurre à la bretelle et, indifférent, comme il fait son lit il se couche, sans doute n’importe comment, à la va comme je te pousse. S’il est totalement à côté de la plaque, répond sans rapport avec la question posée, on dira Bonjour Guillaume, Monsieur, je fauche. A moins qu’il ne se perde en divagations et qu’il en fasse six caisses et trois petits fûts, ou soit pris d’envie de meurtre en imaginant faire boire un bouillon d’onze heures …Si seulement. Mais, avec des « si », on mettrait Paris en bouteille. Ce pourquoi sans doute, si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle. Autre référence à connotation sexuelle, à laquelle ma mère ajoutait bien vite prévenant mes questions d’enfant curieuse:

— Des moustaches, bien sûr !

Moustaches

 

 

Chronique d’un été amer.

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Screenshot_2016-08-21-12-35-25 À Anne Bert

En relisant La Vénus à la fourrure de Leopold von Sacher-Masoch, une phrase m’a frappée : La jouissance à elle seule confère de la valeur à l’existence ; celui qui jouit quitte à regret cette vie, celui qui souffre ou subit salue la mort comme une amie.

Mon amie Anne Bert aime la vie,  jouir de tout ce qu’elle offre de bel et bon : humer le vent marin de l’océan, les petits plats dont elle est gourmande concoctés pour réunir ses amis, le partage d’un bon vin, l’amour des siens, l’amour des mots, de l’humain et de ce qu’il a de plus enfoui en lui.

Dans ses romans, ses nouvelles, elle s’est attachée à fouiller, à peindre d’une plume élégante à la langue raffinée les émois de la chair, les tourments et les bonheurs qu’elle dispense pour chacun de ses personnages, qu’il soit jeune ou vieux, homme ou femme, souvent cabossés par une destinée peu ordinaire.  Elle, l’écrivain de l’intime, qui s’est tant penchée sur la face cachée de l’individu, sans tabou, abordant les parts sombres comme les plus lumineuses, la déchéance et la maladie, l’empêchement d’être, est devenue la proie de l’une des plus effroyables « SLAlope » -comme elle la nomme- qui soit : la sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée maladie de Charcot.

Une paralysie des muscles volontaires s’installe lentement, jusqu’à atteindre ceux de la parole, de la déglutition et de la respiration. Celui qui en est atteint se voit donc peu à peu emmuré tout vif dans son corps tandis que ses sens et son esprit lui donnent toujours à voir et éprouver ce qu’il subit. Anne aime trop la vie et elle la quittera à regret, mais n’accepte pas la torture d’une lente agonie assistée telle que la loi Leonetti le préconise. Elle veut pouvoir décider et choisir librement de mettre un terme à son emprisonnement. Elle se rendra donc en Belgique afin d’arrêter dignement trop de souffrance, pour elle-même comme pour ceux qu’elle aime. Elle n’accueillera certes pas la mort comme une amie mais ira au-devant d’elle lorsqu’elle aura décidé le moment venu.

Alors, elle ne cesse de se battre, d’user ses dernières forces afin de tenter de faire évoluer les choses puisque, en France, l’euthanasie et le suicide assisté ne sont pas autorisés. Elle livre un véritable combat, avec courage et détermination. Non pas pour elle, il est trop tard, mais pour tous ceux qui veulent pouvoir choisir en toute liberté et en toute conscience leur vie comme leur mort. Elle a adressé des courriers aux candidats à la présidentielle, multiplié les interventions dans tous les médias, parlé avec Agnès Buzyn, la ministre de la santé…*

Cet été amer aux étonnantes sautes d’humeur météorologiques sera le dernier pour Anne. Jusqu’au bout de son chemin, elle n’aura eu de cesse de vivre, d’écrire.

Le tout dernier été sera publié en octobre chez Fayard. Ce livre ne sera ni triste ni morbide et elle sait déjà qu’elle ne le verra pas paraître. Elle espère qu’il servira la cause et incitera chacun à penser sa propre fin. Par-delà cette mort annoncée, Anne nous offrira un ultime ouvrage. Puisse-t-il éveiller les consciences des politiques, des soignants, de tous ceux qui en France estiment que la loi peut et doit évoluer.

Nous sommes nombreux à épauler son engagement, Marie Godard a fait circuler une pétition, relaie sur son blog les écrits de notre amie**. Ce qui est une façon pudique de lui dire combien nous l’aimons. Un an en arrière, nous dédicacions ensemble à Villers-sur-mer, en novembre dernier, dans les Cévennes, à Saint-Ambroix. Déjà la maladie la privait de l’usage de ses mains et de ses bras, mais nous avons passé de jolis moments et partagé des rires. La vie, simplement, comme Anne l’aime tant.***Salon St Ambroix Anne

* Pour retrouver ses interviews et ses articles il suffit de taper « Anne Bert » dans un moteur de recherche.

** https://www.marie-godard.com/blog/

*** https://anneelisa.wordpress.com/

27 juillet 2017 Euthanasie

Et pour soutenir son combat, signez la pétition :

Pétition

Voir aussi ce bel article de Libération

Libération