« Les filles bien n’avalent pas ! »

Par défaut

Marlène_Schiappa,_secrétaire_d'Etat_à_l'égalité_entre_les_femmes_et_les_hommes

Secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes depuis le 17 mai 2017, Marlène Schiappa va avoir bien du pain sur la planche !

Femme de combat et de lettres, elle s’est très tôt engagée dans la vie politique tout en écrivant de nombreux ouvrages : romans, essais et travaux de recherche sur le féminisme.

Elle publie aussi chez La Musardine, pour les collections « Osez » et « Le sexe qui rit », dézinguant à tout-va et avec humour les clichés liés à la sexualité des femmes.

Voici donc une jeune femme, investie dans la vie politique et qui ose écrire… Dans le registre de l’érotisme ! Comme c’est vilain. Preuve en est, le déchaînement « bien-pensant » de certains qui tirent des scuds à tout va parce qu’elle est une femme, engagée et qui écrit sur le sexe.

Ainsi Benoît Rayski, Tartuffe dont l’article paru le 9 juillet sur le site Atlantico. Site qui se targue d’une « liberté de ton », prônée au nom de la liberté de la presse et d’expression (sic) et déclare garantir à ses lecteurs « un traitement éditorial garanti 0% grille idéologique préétablie, 0% leçons de morale ». La mission qu’il s’est fixée ? « Cerner les questions qui font avancer le récit du monde puis trouver les interlocuteurs les plus légitimes ou les plus pertinents pour y répondre ». Rayski doit donc être légitime et pertinent quand il écrit à propos de Marlène Schiappa :

— Une femme apparemment (…) folle de son corps.

ou de ses livres qu’il s’est bien gardé de lire:

— Et nous ne sommes pas loin d’y voir un appel pathétique adressé aux mâles de notre pays.

Le propos est petit, haineux, se veut humoristique en usant d’une ironie méprisante, vengeur, fanatiquement misogyne. Tout simplement à vomir.

Tout y passe : les attaques sur le physique, l’engagement politique et le poste occupé, soupçonné de ne pas perdurer, les ouvrages publiés. Il n’y a pas si longtemps, Simone Veil essuyait les pires injures, les menaces des hommes en combattant pour les femmes. Las ! Les choses ne semblent guère avoir évolué en constatant la bassesse et la sottise avec lesquelles certains hommes se permettent de s’en prendre aux femmes qui osent se battre et publier.

En 1765, Voltaire écrivait:

« Notre misérable espèce est tellement faite que ceux qui marchent dans le chemin battu jettent toujours des pierres à ceux qui enseignent un chemin nouveau. (…)

Les sots vont loin quelquefois, surtout quand le fanatisme se joint à l’ineptie, et à l’ineptie l’esprit de vengeance » *

En prenant ainsi Marlène Schiappa pour cible, quels comptes Benoît Rayski a-t-il à régler avec la gent féminine, quelle vengeance à assouvir ?

Quant à son article offensant à l’endroit de toutes les femmes, gageons qu’il ne fera pas avancer le récit du monde

* Voltaire, Dictionnaire philosophique, L, Lettres, gens de Lettres ou Lettrés

Garnier-Flammarion, p. 254-255