ÉLOGE DE L’ÉLÉGANCE

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biereChristian Grey aurait-il séduit Anastasia s’il avait été simple ouvrier d’usine, vêtu d’un vieux jean et d’un Marcel, clope au bec et Despé en main, l’haleine chargée des relents de sa bière et de tabac ? Vous me direz que ce n’est pas là « vraie » littérature…

Peut-être, mais j’aimerais avoir vendu autant d’exemplaires de mes Dix Bonbons à l’Amante que dame E.L. James ses « Cinquante nuances » !

Reprenons : Odette de Crécy aurait-elle suscité le désir de Swann si elle n’avait été qu’une cousette  en cheveux ? Valmont aurait-il aimé une Merteuil fille de ferme ? Constance aurait-elle été parée de myosotis par Mellors si elle n’avait pas été une Lady ? les-liaisons-dangereuses-choderlos-laclos-analyse-texte-lettre-81-commentaire-compose6

Les personnages en littérature érotique  doivent-ils nous ressembler pour nous faire vibrer ou bien l’imaginaire qui les visualise à la lecture ne se nourrit-il pas justement de ces fantasmes de beauté et d’élégance ?

Qu’est-ce que l’élégance ? Celle de la tenue, à l’opposé du négligé, du degueulando. Celle qui fait préférer champagne et parfums précieux à la choucroute et la saucissonnade , l’apéro anisé au bar-PMU du coin. Parce que cela ne (me) fait ni rêver ni fantasmer. Mon grand âge, peut-être, qui me fait parfois ronchonner quand je lis des textes insipides englués dans un quotidien ordinaire impropre à la rêverie.chaise

L’élégance du verbe, de la langue, dans la considération du lecteur. Lui offrir de quoi l’élever et non pas le caresser dans le sens du poil, le flatter en écrivant comme on parle au café du commerce quand on tape le carton.  Question de respect, de soi en tant qu’auteur et surtout du lecteur.

Je ne dis pas qu’il faille se censurer, ne pas appeler une chatte une chatte quand on écrit l’érotisme, mais je crois inutile de sombrer dans une trivialité ambiante qui serait de bon aloi.

J’exècre la vulgarité, le laisser-aller, l’adoption de tics de langage pour « faire Djeun’s », grave pas cool… Voilà. Alors oui, je veux rêver en feuilletant les albums photos de Ressan,  fantasmer en écrivant la douceur des bas, l’émotion que suscite un P.J ou un escarpin à talons vertigineux, les tailles enserrées de jolies guêpières dans une profusion de dentelles et de rubans, les masques et autres loups pailletés qui soulignent des regards attisés de désir.Ressan 2

Clichés ? Codes dépassés ?  Ou simplement, dans un monde bien laid fait de guerres à notre porte et de ravages en tous genres, besoin d’évasion vers un univers où tout ne serait que « luxe, calme et volupté » ?

Allez, je vais relire Baudelaire, histoire de prendre un bon bol d’air, une vraie bouffée d’oxygène. Loin de Monsieur et Madame Tout-le-monde en « survêt’ « qui, décidément, me laissent de marbre.
Et vous ?

LIVRE PARIS 2018

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Salon Paris 2018Une semaine déjà ! En dépit d’un froid hivernal et de méchants flocons sur la capitale, le Salon du Livre de Paris a battu son plein du 16 au 19 mars.

Cette année, il m’a fallu fendre la foule pour me rendre du stand des Éditions du 38 à celui des Éditions Tabou, en faisant un crochet le samedi par Le Diable Vauvert afin d’y saluer les amis auteurs du Prix de la Nouvelle Érotique et son diabolique initiateur Jacques-Olivier Liby.

Quel plaisir de retrouver les auteurs amis, de bavarder avec les visiteurs, les lecteurs fidèles ou nouveaux ! Au 38, notre éditrice Anita Berchenko présentait fièrement sa maison pour la première fois. Succès assuré, avec Gilles Milo-Vaceri, Sara Greem, Alex Nicol, Sandra Mézière, Julie Derussy (entre autres !) qui n’ont cessé de dédicacer. J’y présentais L’Année des Amours Buissonnières et Philae d’îles en ils. 20180317_132805

Puis, retrouvailles de la « Tabou Team« , sous la houlette de Thierry Plée. Accueil enthousiaste des lecteurs qui se pressaient pour que Eva Delambre signe son tout dernier opus Abnégation et que les auteurs de B.D dessinent leurs dédicaces. Mes deux derniers livres Douze Tours de Vices et La Discipline d’Arcane se sont envolés ! Tout comme ces quatre jours un peu fous pendant lesquels le temps a filé à grande vitesse. De bavardages en échanges, avec tous ceux qui nous sont venus nous rencontrer, auteurs, amis déjà connus ou découverts « en live » après Facebook ou aux côtés desquels je dédicaçais.

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Pour ne citer qu’eux : ma chère amie Rose, Clarissa Rivière, mon amie et complice…, Jean-Baptiste Messier, Léon de Griffes, Lionel Parrini et Sandrine Périgois, Stella Tanagra et Omega Mc Kay, Philippe Lecaplain, Cosimo Ferri et Samanta Cefaliello au rire si communicatif, Michel Lévy, Emmanuel Murzeau… Et tant d’autres qui me pardonneront de ne pas les nommer tant ils ont été nombreux. Pas plus que je ne pourrais évoquer tous ceux présents lors de la soirée de rencontre auteurs-lecteurs du samedi soir, organisée par Marie-Laure dans un restaurant Place Saint-André-des-Arts et où les échanges se sont joyeusement poursuivis, agrémentés d’interventions passionnantes.IMG_2055

De beaux souvenirs engrangés, vivement le prochain salon !

 

 

 

 

jeudi 8 mars : Journée Internationale des Droits de la Femme

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A l’heure où l’exécutif va obliger les entreprises à se doter d’un logiciel détectant les différences de rémunération à poste égal et à compétence égale, force est de constater que les femmes occupent encore trop souvent des postes moins qualifiés, dans des métiers moins bien payés. Selon l’Insée, l’écart atteint même 27%…
Simple exemple, de taille s’il en est d’une inégalité persistante, terreau d’un combat mené de longue date et hélas, toujours d’actualité. Sans parler des acquis obtenus de haute lutte si récemment dans l’histoire de l’humanité : droit de vote : 21 avril 1944, à l’avortement et la contraception : 1974 et

17 janvier 1975 promulgation de la loi Veil. Simone Veil

13 juillet 1965 : la réforme des régimes matrimoniaux , votée à l’Assemblée Nationale, décrète l’autonomie financière des femmes mariées. Elles peuvent dès lors exercer une profession sans l’accord de leur mari, ouvrir un compte bancaire en leur nom propre et disposer de leurs biens.

S’il est un lieu où le patriarcat bourgeois règne en maître, c’est bien l’opéra.

Quand Verdi présente sa Traviata, ( le 6 mars 1853) le succès n’est pas au rendez-vous : le bourgeois du XIXe ne supporte pas de voir étalées ses vilenies sur scène. Au son sublime des valses, Violetta, la demi-mondaine, la prostituée croit qu’elle va pouvoir s’autoriser un amour conjugal. Elle décide de se laisser aimer mais Alfredo la prostitue dans l’amour. Tous les crimes d’opéra se commettent en son nom.

Violetta et AlfredoElle qui se croit libre, qui le proclame dans l’air magnifique :

 » Sempre libera degg´io
folleggiare di gioia in gioia, »

Elle résiste bien peu, hésite encore, peut-elle aimer,se laisser aimer ?  »    « Oh ! Oh ! Amore !
Follie ! Gioir ! »

Peut-elle simplement jouir ? N’est-elle pas frigide à proclamer ainsi haut et fort cette aspiration ? La prostituée ne s’interdit-elle pas le jouir ? Alors qu’elle croit vivre enfin un amour vrai avec Alfredo, dans une campagne idyllique, elle est vite rattrapée et vaincue par le fric, le patrimoine à défendre, l’opposition entre la pure et l’impure que vient lui chanter Germont père. Son salut ne peut résider que dans la perte. Et pourtant, comme elle se débat la petite malade ! Elle chante des halètements saccadés, crie son amour en syncopes musicales, lance des cris hachés pour dire qu’on lui demande toute sa vie. Enfin, vaincue, elle ne peut que murmurer  » e vero… ». *

Germont n’a plus qu’à enfoncer les clous dans les paumes de la femme, la renvoyant aux  harems fermés de la bourgeoisie dont elle a espéré sortir. Elle le paie de sa vie même, toussotante.

 La rédemption arrive trop tard, elle meurt entourée de l’amant qui pleurniche et du père confit en pseudo remords.violetta meurt

Violetta et Fleur-de-Marie portent les mêmes stigmates, syphilis et phtisie, ces  corruptions du corps dont héritent celles qui ne font pas partie de la famille.

Butterfly se brûle les ailes en croyant à l’amour de Pinkerton et si Carmen, celle qui dit « non » et veut rester libre, toutes sont décidément défaites, crucifiées sur l’autel de la suprématie mâle.

Reste la narration musicale, somptueuse, envoûtante, déchirante.  Verdi, Puccini, Bizet (pour ne citer qu’eux) peuvent reposer en paix : la dévoyée qui a emprunté les chemins de traverse, la victime à Nagasaki, la belle cigarière en Andalousie ne cessent d’attirer les foules venues contempler leur sacrifice à l’amour et surtout, à l’homme.

Et vous, êtes-vous aussi fondu d’opéra ?

* Catherine Clément: L’opéra ou la défaite des femme      Grasset, 1995

Iconographie : La Traviata, film opéra de Franco Zeffirelli, 1983, avec Teresa Stratas, Placido Domingo, Cornell Mac Neil  Direction : James Levine

 

 

 

 

Joli printemps en vue !

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marsMars est annonciateur du printemps. Les Romains avaient nommé le premier mois de l’année en l’honneur du dieu du même nom, qui coïncidait avec le retour des beaux jours.

Et des beaux jours, il y en aura !

Tout d’abord, pour dire adieu à février, le 28 Flore Cherry nous recevra au bar Le 153 (153 rue Saint-Martin, à Paris) pour de nouveaux Écrits Polissons autour du thème « Le Fouet et la Plume ».

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Une soirée qui s’annonce claquante, en présence d’un célèbre Maître dominateur et de l’éditeur Thierry Play de la maison TABOU. Nous y parlerons BDSM et de la sortie de nouveaux livres.

Du 16 au 19 mars, le Salon du Livre de Paris battra son plein, je vous y retrouverai sur deux stands:

celui des éditions TABOU et des éditions du 38. Sortez les agendas ! A très vite…

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Le Joli mois des amoureux…

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saint valentin 3Oui. J’avoue : si je déteste « les fêtes de fin d’année », j’aime les petits cœurs, le rouge mis partout et les musiques sirupeuses annonciateurs de la

       Saint-Valentin !

Cette fête nous est arrivée du monde anglo-saxon et le 14 février est considéré dans de nombreux pays comme celle des amoureux. Les couples en profitent pour échanger des mots doux et des cadeaux comme preuves d’amour ainsi que des roses rouges, emblème de la passion.
Elle est aussi associée plus étroitement à l’échange mutuel de « billets doux » ou de valentins illustrés de symboles tels qu’un cœur ou un Cupidon ailé.

Rédiger un billet doux (d’ailleurs, qui en écrit encore ?), offrir un cadeau afin de l’amener à vous remercier très très chaleureusement, pas difficile si il ou elle aime la lecture, tout spécialement dans la catégorie Littérature érotique.On peut lire, ou écouter et regarder, comme dans ce clip :

             https://charlie-liveshow.com/partition-corps-clip-erotique/#

Et pour faire grimper la température, n’hésitez pas à lire à haute voix les passages les plus chauds, ou à lui faire lire…  Suggestions en images, sur fond de boléro :

Il ne vous reste plus qu’à choisir…
Bonne Fête à tous les amoureux !!!

Sexygénaire : à la poursuite du plaisir

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sexygénaire                         Depuis que l’homo est devenu « erectus » et a adopté la station debout – comme sa femelle d’ailleurs – du temps a passé sous ses semelles. Que sont quelques décennies en regard de la longue marche de l’humanité ? Vous venez de passer le cap de la quarantaine ? Celui qui vous fait entrer dans le monde merveilleux des « quinquas » ? Vous abordez la soixantaine ?

Dans sexagénaire… il y a le mot sexe  !

Si vous considérez votre anniversaire comme une balise de mauvais augure martelant l’inéluctable compte à rebours comme une vieille comtoise grincheuse, n’est-ce pas du temps perdu que de déplorer un âge que l’on regrettera dans dix ans ? N’est-ce pas tenter de lutter contre des moulins à vent qui ne s’arrêteront pas pour autant de tourner ? Il convient d’accepter de découvrir à chaque étape un nouveau continent riche de plaisirs d’autant plus que les choses ont considérablement évolué, fort heureusement, même si la course au jeunisme en fait galoper plus d’un(e).

Si Stephen Vizinczey fait l’«Éloge de la femme mûre », (Folio Gallimard) il n’est pas le seul auteur à avoir mis en mots le plaisir d’aimer une femme qui a dépassé l’âge de procréer. Ce sont les très réjouissantes réflexions de Stéphane Rose qu’il faut (re)lire ici :

« Aimer un corps mûr, c’est accepter de (…) renoncer aux normes de fraîcheur et de jeunesse qui conduisent alors immanquablement à désirer une femme parce qu’elle est « bien conservée », parce qu’elle a « su s’entretenir », parce qu’elle « ne fait pas son âge », bref parce qu’elle a su perpétuer la jeunesse de son corps considérée comme une valeur, entretenu à coups de (…) Botox, lifting (…). Aimer un corps mûr, c’est désirer, précisément, les traces du temps, associées à cette espèce d’assurance posée que véhiculent les femmes qui ont un peu vécu, cette force intérieure, ce blindage qu’elles bâtissent sur la résignation d’une jeunesse de plus en plus loin derrière elles. En perdant l’arrogance de la jeunesse (…) les femmes âgées gagnent l’arrogance de l’expérience, de la maturité revendiquée (…) une espèce de dédain, d’apparence d’inaccessibilité blasée qui donne envie de les conquérir (…) »                       Pourvu qu’elle soit rousse de Stéphane Rose, éd. La Musardine.

Inexorablement, le temps passe. L’espérance de vie allonge, la santé est protégée et aujourd’hui, 6% de femmes au-delà de quatre-vingts ans ont toujours une vie sexuelle ! Des exceptions ? Peut-être, mais songez que Ninon de Lenclos, * (1620-1705) courtisane célèbre pour son bel esprit autant que pour sa sexualité débridée fêta ses 80 ans justement… en cédant aux avances pressantes d’un abbé jouvenceau de 20 ans, totalement fou d’elle ! Ninon-de-Lenclos

Elle disait : « Je n’ai jamais eu que l’âge du cœur », et elle devait l’avoir solide. Plus prosaïquement, ma chère grand-mère aurait ajouté que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes » Trivial, mais pas faux !

Et vous, savez-vous profiter pleinement de chacune de vos dizaines d’années ?

*:Le roman vrai de Ninon de Lenclos

  Michel de Decker (Belfond)

Vous avez dit cochon ?

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MacronÉros sait que je me garde bien de toute polémique, quel que soit le sujet, à fortiori lorsqu’il s’agit de politique ou de ceux qui la font. Cependant, la presse, ‘pipole » et la toile viennent de balancer à tout-va que notre Président, non content d’être l’époux d’une femme plus âgée que lui, « aurait écrit un récit cochon » dans sa folle jeunesse. Extraits :

—  Adolescent, Emmanuel Macron a écrit un roman «un petit peu cochon»

— Révélation croustillante de la biographie de Brigitte Macron qui sortira en librairie le 17 janvier, le jeune Emmanuel Macron aurait écrit un roman « osé » quand il avait 16 ans.

De plus, en farfouillant un peu dans le « croustillant », il ne serait pas le seul ! :

— Par ailleurs, comme l’indique Le Parisien, ce n’est pas la première fois que l’on prête à un haut responsable politique français des écrits plus ou moins érotiques. Ainsi, le Premier ministre Édouard Philippe a co-écrit en 2011 «Dans l’ombre», un polar mâtiné d’érotisme. On pourrait évoquer également un ouvrage de Bruno Le Maire, intitulé «Le Ministre», et la secrétaire d’État Marlène Schiappa qui n’a jamais démenti, ni confirmé, les informations de l’Express sur son passé supposé d’auteur de livres érotiques. Il ne faut pas non plus oublier le livre érotique de l’ancien Président Giscard d’Estaing en 1994, «Le Passage».

        Alors que le sexe est partout surexposé, que le chef de l’état ou des membres de son gouvernement aient pu produire  » des écrits plus ou moins érotiques« , visiblement, c’est une honte !

Shame on you, Mr President ! aurait pu susurrer la si sulfureuse Marilyn.

Parce que écrire « un récit cochon« , ça sent le souffre, c’est osé, ça sent Satan et ses suppôts, ça devrait rester sous le manteau, ou dans le bien nommé « enfer » des bibliothèques. Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?Enfer

Les commentaires sur les « réseaux sociaux » de ceux-qui-savent et autres pisse-vinaigre-bien-pensants fusent, aigres, avec les conseils d’usage : « Il ferait mieux de… etc »

Raccourci: le Président a écrit un livre érotique, c’est scandaleux. Tous les auteurs de littérature érotique sont donc à clouer au pilori, éviscérer en place publique.

Soit je ne me présenterai jamais à la présidence de la république, soit je devrais sérieusement songer à arrêter d’écrire « des cochonneries », ce n’est pas bien.

On ne peut déjà plus rire de grand-chose, s’il faut maintenant surveiller sa plume avant de la tremper dans l’encre de l’érotisme, la solution d’un exil vers une autre planète ne serait-elle pas à envisager ?

confesseSi j’étais religieuse, je me précipiterais à confesse. En un seul mot.

Sade, Nin, Casanova, Apollinaire, Aury, Bataille et tant d’autres, au secours, le monde ne tourne plus bien rond au pays des (feu) lumières et de la liberté d’expression…pourtant inscrite à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948, article 19)

Et vous, amis auteurs (et les éditeurs qui les publient) qui, comme moi et notre Président, sentez le souffre, qu’allez-vous faire ?

 

 

 

 

 

Plume légère

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20180103_114420        Vous êtes invitée sur un salon du livre, quelque part en province. Fièrement, vous avez joliment disposé vos ouvrages sur la table que l’on vous a attribuée, entre deux auteurs dits « régionaux ». Vous attendez le lecteur, stylo en main, prête à dédicacer avec joie la trentaine de livres étalés, tous titres confondus, pour attirer le chaland bibliomane compulsif…

Les réactions des passants qui passent ne se font pas attendre. Les nez se froncent devant vos couvertures, les yeux se plissent (ou s’allument d’une étrange lueur selon le cas) et les questions ou remarques accompagnant les mimiques fusent :

— Vous avez la plume… légère, vous ? ( regard et intonation féminins réprobateurs)

— C’est vous qui avez écrit ça ? C’est scabreux, nan ? (Ben oui, si je suis assise là, c’est moi…et je revendique le ça)

— C’est osé ? (regard masculin égrillard)

—  Nan, j’aime pas beaucoup ça… (suivi d’une expression de dégoût profond, féminin, parfois masculin)

— Je peux avoir votre numéro de téléphone ? (Et quoi encore ?)

—  C’est vous sur la couverture ? (humour masculin, clin d’œil à l’appui)

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Simplement parce que vous vous situez dans la sulfureuse catégorie « littérature érotique » et que vous êtes une femme. Et que si l’on taxe votre plume de « légère », la femme que vous êtes l’est forcément tout autant. CQFD. Raccourci ? Non, une réalité que vous constatez au quotidien. Parce que vous écrivez des « cochonneries » (re sic !) vous êtes forcément une polissonne dépravée, prête à répondre à toutes les invitations. Prenez Facebook, par exemple. Vous vous êtes décidée à créer votre page « écrivain », histoire d’essayer de faire la promotion de vos publications. (votre cher éditeur, constamment débordé, n’a pas le temps, lui…).

Las ! vous êtes rapidement assaillie de « demandes d’amis » masculines pléthoriques, de M.P pour le moins surprenants. Des messieurs viennent vous y raconter leurs préférences sexuelles de façon détaillée, vous demander d’être leur domina, s’obstinent à vous affubler de petits noms « affectueux » ou à vous envoyer les gros plans de leur bâton de pèlerin haut levé, comme on hisse les couleurs le matin dans les casernes. Sans compter les tentatives de « discussions », dont l’indigence du discours et de l’orthographe n’a sans doute d’égale que la misère sentimentale de leurs auteurs. Exemple (certifié authentique) :

— Slt, (variante: bjr ) comant t’m bésé ?

Étonnant, non ? aurait interrogé feu le regretté Desproges.

Ce qui me surprend, en ce siècle où les tabous semblaient abolis en la matière et la lutte des femmes pour l’égalité avec les hommes avoir marqué des points, c’est que certains messieurs s’autorisent encore à considérer la gent féminine comme un ramassis de salopes en puissance auxquelles on peut tenir des propos que je qualifierais pudiquement (mais oui…) de « déplacés ».

20180103_120146Que les choses soient bien claires : si j’écris dans le registre érotique, c’est parce que j’aime mettre en mots l’amour, l’intime, voire la part sombre de la nature humaine. Les histoires que je raconte sont imaginaires, fictives, pas une autobiographie détaillée de ma vie sexuelle. Pas plus que je ne confonds les réseaux dits sociaux avec des sites de rencontres.

Nous sommes nombreuses à publier de l’érotisme. Je crois savoir que mes amies romancières et nouvellistes dans ce genre littéraire ont toutes eu affaire à ce type de « désagréments ». Alors, de grâce, messieurs, lisez-nous mais arrêtez de penser que nous sommes ce que nous écrivons ! Si besoin, replongez-vous dans vos cours de français du lycée et faites enfin la différence entre auteur et narrateur, réalité et fiction. Julie-Anne

Et vous, mes chers collègues masculins qui écrivez aussi de l’érotisme, êtes-vous sollicités de la sorte par des groupies en délire ?

 

 

 

2017 s’achève, Vive 2018 !

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new-years-glassware-700x614Une année qui s’achève, c’est aussi l’occasion de se remémorer tout ce qu’elle a apporté : les joies, les grands et les petits bonheurs, les peines parfois.

C’est fou ce que le temps peut passer vite ! Un coup d’œil en arrière pour se souvenir qu’à la même époque, les répétitions de la pièces « Ces Dames de l’Annonce«  de Philippe Lecaplain se faisaient dans la fièvre des représentations à venir. En janvier, février et mars, notre petite troupe jouait au Théâtre Clavel et à celui de Saint-Maur, réunissant des spectateurs enthousiastes ! Pour la majorité des acteurs, -dont j’étais- c’était la première fois que nous montions sur les planches et ce fut avec un énorme plaisir.

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Les soirées parisiennes ont aussi été bien remplies, grâce à la pétulante Flore Cherry qui réunit un public désormais fidèle pour ses « écrits polissons » et autres évènements. Ainsi : une soirée TABOU en février, en présence d’auteurs de cette maison d’édition à laquelle j’appartiens, et bien sûr, en novembre le Salon de la littérature érotique très réussi, pour ne citer que ces deux parmi tous les nombreux autres.SALON_DESEE

 

 

Dans le même temps, une dédicace chez les adorables Martine et J.P de Metamorph’Ose , Metamorphosel’achèvement du manuscrit de « Philae d’îles en ils », mise en mots de l’histoire de mon amie Danaé B. et la remise à mon éditeur de « Douze tours de Vices », puis, la mise en œuvre de « Le Blason de Julie-Anne ».

Parution de ces livres à l’été et à l’automne, tout en participant à de beaux salons : Notre-Dame-de-l’Isle, Granville, Villers-sur-Mer , sous le patronage de M. Claude Lelouch, où les retrouvailles avec les amis auteurs s’allie au plaisir des échanges avec les lecteurs.

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De belles rencontres aussi, des liens nouveaux d’amitié qui se sont tissés, un ouvrage à quatre mains avec une autre amie chère – chut… Ce sera à suivre pour l’année nouvelle ! –  le défi relevé du Prix de la Nouvelle Erotique et du Prix Hemingway, pour le bonheur d’écrire…

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Une belle année, riche, mais aussi endeuillée par le décès de mon amie Anne Bert à laquelle je pense bien souvent. J’ai beaucoup de mal encore à réaliser que nous ne nous retrouverons plus, que nos échanges se sont achevés par nos textos d’adieu peu de jours avant qu’elle ne rejoigne les étoiles, là-haut, au paradis des auteurs érotiques. A moins qu’elle n’ait fait un crochet par l’enfer, celui des bibliothèques, insatiable lectrice qu’elle était, elle en serait bien capable.

Salon St Ambroix Anne

            Au seuil de 2018, qui s’annonce encore porteuse de publications, je forme des vœux sincères de bonheur(s), joie, amour gloire et beauté à tous ceux que j’aime, bien sûr, à tous mes amis et à vous tous, mes chers lecteurs sans lesquels les auteurs n’existeraient pas.

Et vous, quels sont vos projets pour cette nouvelle année ?

 

 

NUITS PARISIENNES

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20171121_084040En regard des « grandes » salles et de leurs têtes d’affiches, dûment placardées dans le métro, une multitude de petites salles parisiennes proposent de très nombreux spectacles de qualité, offrant un large éventail de très jolis talents.

J’ai eu le plaisir et la chance d’être invitée à la première de sa pièce « Une Femme Extraordinaire » par Arthur Vernon , auteur essayiste, dramaturge, metteur en scène  et réalisateur déjà primé hors nos frontières.

Ravie de retrouver dès l’entrée du théâtre A La Folie Théâtre (rue de la Folie Méricourt, dans le 11ème arrondissement) des ami(e)s blogueuses, auteurs, artistes, créatrices événements : Ma chère Clarissa Rivière,  Julia Palombe  Mademoiselle A  , Flore Cherry  et bien d’autres.

Un couple, seul en scène avec des projections de textos sur une toile de fond, des pages Internet. Lila et Renaud sont  passionnément amoureux, à tel point que, en dépit de leur grande liberté sexuelle, ils envisagent de partir à La Vegas pour se marier !  Leur histoire d’amour est enflammée de sexe, dont le spectateur est témoin. La très belle Anna Stern, Lila, dévoile sa plastique sculpturale pour s’adonner aux joies de l’amour avec le séduisant Daniel Hederich- Renaud dans les bras duquel elle semble une plume ou une brindille.

Renaud est totalement fasciné par Lila, son talent vocal, celui de mannequin qui la fait voyager non seulement de pays en pays mais encore d’homme en homme. Il est littéralement accro à cette femme extraordinaire qui l’a élu, lui, pris dans les rets d’une passion très charnelle. Le symbole de la corde qu’elle utilise pour mieux l’asservir est criant. Toutefois, cet ange si divin ne dissimule-t-il pas dans une personnalité qui s’avère vite trouble, une diabolique jeune femme ? Et si elle n’était qu’une manipulatrice très perverse, ou bien une malade mentale, une mythomane, une menteuses patentée ? Tous ces doutes vont peu à peu assaillir le malheureux Renaud, vite balayés d’un revers de main par la douce Lila… comme si soudain on se retrouvait dans un polar sombre. Une passion aveugle peut-elle bien se terminer ?  Jusqu’où iront ces deux amants ? Le dernier acte réserve des surprises, de belles trouvailles de mise en scène que je me garderai bien de dévoiler ici.

Allez vite voir cette pièce très intéressante pour l’étude de la psyché d’une femme, de l’amour-passion aveuglant, le jeu des acteurs, la mise en scène astucieuse et le texte très au fait des préoccupations actuelles, en dépit d’une tirade peut-être un peu longue et catapultée en fin de pièce sur le féminisme.

Et si vous aimez les femmes dans tous leurs états et en chansons, dans un spectacle pétillant, drôlissime, débordant d’énergie, inclassable, courez voir les Divalala.

Divas

Trois voix magnifiques a cappella, un travail remarquable sur les textes, des clins d’œil en rafale, on rit, on tape des mains et on a envie de danser, bref, courez les applaudir. On ressort avec un grand sourire aux lèvres de ce spectacle qui devrait être remboursé par la sécurité sociale !

Et vous, qu’êtes-vous allés voir récemment ?