LIVRE PARIS 2018

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Salon Paris 2018Une semaine déjà ! En dépit d’un froid hivernal et de méchants flocons sur la capitale, le Salon du Livre de Paris a battu son plein du 16 au 19 mars.

Cette année, il m’a fallu fendre la foule pour me rendre du stand des Éditions du 38 à celui des Éditions Tabou, en faisant un crochet le samedi par Le Diable Vauvert afin d’y saluer les amis auteurs du Prix de la Nouvelle Érotique et son diabolique initiateur Jacques-Olivier Liby.

Quel plaisir de retrouver les auteurs amis, de bavarder avec les visiteurs, les lecteurs fidèles ou nouveaux ! Au 38, notre éditrice Anita Berchenko présentait fièrement sa maison pour la première fois. Succès assuré, avec Gilles Milo-Vaceri, Sara Greem, Alex Nicol, Sandra Mézière, Julie Derussy (entre autres !) qui n’ont cessé de dédicacer. J’y présentais L’Année des Amours Buissonnières et Philae d’îles en ils. 20180317_132805

Puis, retrouvailles de la « Tabou Team« , sous la houlette de Thierry Plée. Accueil enthousiaste des lecteurs qui se pressaient pour que Eva Delambre signe son tout dernier opus Abnégation et que les auteurs de B.D dessinent leurs dédicaces. Mes deux derniers livres Douze Tours de Vices et La Discipline d’Arcane se sont envolés ! Tout comme ces quatre jours un peu fous pendant lesquels le temps a filé à grande vitesse. De bavardages en échanges, avec tous ceux qui nous sont venus nous rencontrer, auteurs, amis déjà connus ou découverts « en live » après Facebook ou aux côtés desquels je dédicaçais.

Omega

Pour ne citer qu’eux : ma chère amie Rose, Clarissa Rivière, mon amie et complice…, Jean-Baptiste Messier, Léon de Griffes, Lionel Parrini et Sandrine Périgois, Stella Tanagra et Omega Mc Kay, Philippe Lecaplain, Cosimo Ferri et Samanta Cefaliello au rire si communicatif, Michel Lévy, Emmanuel Murzeau… Et tant d’autres qui me pardonneront de ne pas les nommer tant ils ont été nombreux. Pas plus que je ne pourrais évoquer tous ceux présents lors de la soirée de rencontre auteurs-lecteurs du samedi soir, organisée par Marie-Laure dans un restaurant Place Saint-André-des-Arts et où les échanges se sont joyeusement poursuivis, agrémentés d’interventions passionnantes.IMG_2055

De beaux souvenirs engrangés, vivement le prochain salon !

 

 

 

 

jeudi 8 mars : Journée Internationale des Droits de la Femme

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A l’heure où l’exécutif va obliger les entreprises à se doter d’un logiciel détectant les différences de rémunération à poste égal et à compétence égale, force est de constater que les femmes occupent encore trop souvent des postes moins qualifiés, dans des métiers moins bien payés. Selon l’Insée, l’écart atteint même 27%…
Simple exemple, de taille s’il en est d’une inégalité persistante, terreau d’un combat mené de longue date et hélas, toujours d’actualité. Sans parler des acquis obtenus de haute lutte si récemment dans l’histoire de l’humanité : droit de vote : 21 avril 1944, à l’avortement et la contraception : 1974 et

17 janvier 1975 promulgation de la loi Veil. Simone Veil

13 juillet 1965 : la réforme des régimes matrimoniaux , votée à l’Assemblée Nationale, décrète l’autonomie financière des femmes mariées. Elles peuvent dès lors exercer une profession sans l’accord de leur mari, ouvrir un compte bancaire en leur nom propre et disposer de leurs biens.

S’il est un lieu où le patriarcat bourgeois règne en maître, c’est bien l’opéra.

Quand Verdi présente sa Traviata, ( le 6 mars 1853) le succès n’est pas au rendez-vous : le bourgeois du XIXe ne supporte pas de voir étalées ses vilenies sur scène. Au son sublime des valses, Violetta, la demi-mondaine, la prostituée croit qu’elle va pouvoir s’autoriser un amour conjugal. Elle décide de se laisser aimer mais Alfredo la prostitue dans l’amour. Tous les crimes d’opéra se commettent en son nom.

Violetta et AlfredoElle qui se croit libre, qui le proclame dans l’air magnifique :

 » Sempre libera degg´io
folleggiare di gioia in gioia, »

Elle résiste bien peu, hésite encore, peut-elle aimer,se laisser aimer ?  »    « Oh ! Oh ! Amore !
Follie ! Gioir ! »

Peut-elle simplement jouir ? N’est-elle pas frigide à proclamer ainsi haut et fort cette aspiration ? La prostituée ne s’interdit-elle pas le jouir ? Alors qu’elle croit vivre enfin un amour vrai avec Alfredo, dans une campagne idyllique, elle est vite rattrapée et vaincue par le fric, le patrimoine à défendre, l’opposition entre la pure et l’impure que vient lui chanter Germont père. Son salut ne peut résider que dans la perte. Et pourtant, comme elle se débat la petite malade ! Elle chante des halètements saccadés, crie son amour en syncopes musicales, lance des cris hachés pour dire qu’on lui demande toute sa vie. Enfin, vaincue, elle ne peut que murmurer  » e vero… ». *

Germont n’a plus qu’à enfoncer les clous dans les paumes de la femme, la renvoyant aux  harems fermés de la bourgeoisie dont elle a espéré sortir. Elle le paie de sa vie même, toussotante.

 La rédemption arrive trop tard, elle meurt entourée de l’amant qui pleurniche et du père confit en pseudo remords.violetta meurt

Violetta et Fleur-de-Marie portent les mêmes stigmates, syphilis et phtisie, ces  corruptions du corps dont héritent celles qui ne font pas partie de la famille.

Butterfly se brûle les ailes en croyant à l’amour de Pinkerton et si Carmen, celle qui dit « non » et veut rester libre, toutes sont décidément défaites, crucifiées sur l’autel de la suprématie mâle.

Reste la narration musicale, somptueuse, envoûtante, déchirante.  Verdi, Puccini, Bizet (pour ne citer qu’eux) peuvent reposer en paix : la dévoyée qui a emprunté les chemins de traverse, la victime à Nagasaki, la belle cigarière en Andalousie ne cessent d’attirer les foules venues contempler leur sacrifice à l’amour et surtout, à l’homme.

Et vous, êtes-vous aussi fondu d’opéra ?

* Catherine Clément: L’opéra ou la défaite des femme      Grasset, 1995

Iconographie : La Traviata, film opéra de Franco Zeffirelli, 1983, avec Teresa Stratas, Placido Domingo, Cornell Mac Neil  Direction : James Levine