C’est la rentrée, Vive les Femmes Profs !

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rentrée prof-sexyNous avons toutes traîné nos fonds de jeans sur les chaises d’un lycée aux côtés de condisciples mâles. Souvenez-vous… Quelle place occupaient-ils, et vous, où étiez-vous assises pendant les cours au tournant des années 90 ?

Les fortes-en-tout -dont vous faisiez forcément partie- étaient groupées côté couloir, le stylo vissé dans la main. A l’opposé, côté cour, les joyeux rêveurs se situaient plutôt vers les dernières rangées, un œil à la fenêtre surveillant l’extérieur, l’autre balayant en panoramique l’ensemble de la classe. De ces places privilégiées, qui, comme eux, n’a jamais balancé dans le dos du prof l’avion en papier portant l’inscription pleine d’humour : « Tartebatte, t’as du poil aux pattes » ? Quant aux chaises du premier rang central, elles étaient squattées à l’année comme des prie-Dieu dans une église par quelques pimbêches amoureuses du prof de physique.

Les mecs, selon les cours, les en délogeaient régulièrement pour leur piquer la place.

Parce que les profs, eux, dans leur grande majorité étaient -et sont restés- des FEMMES ! C’est en fonction du type de femme-prof que l’occupation de l’espace classe fluctue. Tel le dompteur ou la petite souris, c’est en sautant d’un pied léger ou en gravissant péniblement la marche de l’estrade que LA prof fait son entrée pour officier une heure durant. Non, toutes les enseignantes de mathématiques ne sont pas des binoclardes perdues dans leurs théorèmes. Certaines sont même de vraies bombes ! Ne soyez donc pas étonné(e) que votre Alexandre soit devenu accro à une matière qu’il avait jusqu’alors tout autant ignorée que sa Sophie-la-girafe, conservée  dans votre boîte à reliques avec une tendresse fervente.

LA PROF SEXY

A la fin des nineties, pourquoi Romain, Guillaume ou David se ruaient-ils comme des lions prêts à bouffer des chrétiens dans l’arène sur la rangée du milieu quand Mademoiselle Martin, fraîchement agrégée de maths, arrivait en cours ? Parce qu’elle avait dans la silhouette du Claudia Schiffer mâtiné de Cindy Crawford. Quand elle ôtait son imper, le taux de testostérone passait en alerte rouge chez les joyeux potaches de sexe mâle. Tout juste s’ils ne se mettaient pas à hurler en tapant sur leur table, genre loup de Tex Avery devant sa pin-up.

Peu frileuse, la blonde matheuse arborait hiver comme été un t-shirt moulant et décolleté sur un généreux 95 C, pigeonnant dans son Wonderbra. Souvent rose fuchsia ou vert anis, le haut contrastait joliment avec son jean en denim bleach qui lui faisait un cul d’enfer ou sa mini-jupe de daim noir. Comme elle n’était pas très grande, elle devait se hisser sur la pointe de ses escarpins en levant les bras pour commencer sa démonstration tout en haut du tableau.  C’était à cet instant précis que Romain devenait cramoisi et laissait tomber son crayon. L’objet malicieux roulait par hasard hors de sa portée, au pied de l’estrade, l’obligeant à ramper pour le récupérer… Quand Miss Martin, bonne fille, se baissait à son tour en tournant le dos à la classe pour le ramasser, les autres garçons du premier rang frisaient le coup de sang. En dépit d’un courrier au proviseur demandant à conserver leur prof en terminale, ce fut Madame Labory qui vint les préparer au Bac. Vite surnommée Le Mètre Cube, sexagénaire et auvergnate d’origine, elle devait accuser sans forcer les cent vingt kilos au pesage pour un mètre cinquante-cinq. Quand elle déclara d’entrée de jeu à la classe atterrée, accent rocailleux en prime : « Je suis les norrrrmes mathématiques », la phrase fut interprétée au vol, déclencha un fou-rire général suivi d’une généreuse distribution d’heures de colle.

LA PROF NOUNOU

Presque aussi sexy que la précédente, elle se taille un certain succès. Souvent mariée dans le civil, parfois pourvue de marmaille, elle a entre trente-cinq et quarante-cinq ans. Son engagement très affectif, auprès de ses élèves donne à penser aux garçons qu’il s’agit peut-être d’une cougar. Elle se garde bien de démentir cette rumeur, relayée chez ses collègues par Radio-Vipère. Elle fait surtout office d’assistante sociale, de nounou, d’infirmière, de psy, accessoirement de prof. De lettres ou de langue vivante. Océane, de 1ère 4, par exemple, ne sait toujours pas écrire trois phrases cohérentes sans aligner une douzaine de fautes. Par contre, elle a été sauvée de la déprime dans laquelle elle commençait à plonger quand ce salaud de Valentin l’a plaquée pour une pouffe de Terminale E. C’est Madame Edouard qui lui a prêté ses kleenex et une oreille attentive pendant une heure  pour la dissuader de mettre fin à ses jours, dans la salle des profs. Vide bien sûr puisque les autres profs, eux, faisaient cours sans imaginer le drame qui s’était joué à leur insu. Les élèves de 1ère 4, délaissés pendant ce temps, avaient tiré les rideaux, éteint la lumière  pour écouter « La Isla Bonita » à donf. Le CPE y avait alors dû faire une intervention musclée car des effluves suspects qui ne sentaient pas que le tabac blond étaient parvenus jusqu’à son bureau.

LA PROF VIEILLE FILLE (type1)

La jeune prof célibataire est l’un des fleurons de l’Ed. Nat. (traduisez Éducation Nationale). Ce prof n’a aucun sex-appeal, pas d’enfants, pas de mari, pas de copain, parfois quand même une vieille maman. Ou un chat. Elle s’investit totalement dans son métier pour lequel son abnégation est sans limites. Elle s’est fixé une Mission. Elle est la Jeanne d’Arc de la SVT, la Charlotte Corday de la Physique-Chimie. Vêtue d’un sempiternel tailleur copie-de-Chanel qu’elle a confectionné de ses blanches mains -la couture est son seul hobby, son unique plaisir solitaire- . Elle fait entendre haut et fort la voix de SA matière scientifique. Pour totaliser ses dix-huit heures de cours hebdomadaires, elle exerce son sacerdoce dans six classes, chacune comptabilisant un peu plus de trente élèves. Non seulement elle les connaît tous, mais encore elle leur fait hanter régulièrement ce haut lieu de pèlerinage qu’est pour elle la Cité des Sciences. Aucune expo n’échappe à sa conscience professionnelle, au grand dam de ses collègues qui cherchent leurs élèves partout quand ils sont en « sortie pédagogique ».  Elle termine l’année comme un marathon, le teint livide, au bord de la syncope. Mais elle a accompli son sacro-saint Devoir. Même si elle s’est vengée en baissant toutes les moyennes parce que pour les élèves, le plus chouette, à la Villette, c’était le bar. Où ils étaient allés s’empiffrer de sucreries et de coca après l’avoir semée au détour d’un escalator…

LA PROF VIEILLE FILLE (type 2)

A quelques encablures de la retraite, la prof-toujours-célibataire est devenue bien plus réjouissante (en un seul mot). Sur Internet elle a trouvé plusieurs «âmes sœurs » et elle s’éclate le dimanche après-midi dans un thé dansant parisien à chaque nouvelle rencontre qu’elle ramène chez elle pour le dernier verre. Le lundi, le retour au tableau devient plus difficile, ce dont les élèves abusent avec la cruauté caractéristique de l’ado moyen. Elle tient pourtant le choc, se rit des menaces de mort taguées à la craie avant son entrée dans la cage aux fauves. Elle laisse supposer aux facétieux graphistes anonymes qu’elle a quelque talent en magie noire et qu’elle ne manquera pas de jeter un sort aux responsables des graffiti à l’orthographe calamiteuse. Ce qui fait blêmir Mamadou, l’auteur du « On aura ta pot, sal… » Il se promet illico d’aller consulter le marabout désenvoûteur qui exerce à Aulnay-sous-Bois. Elle fait de très longues pauses café à la récré, les yeux brillant de convoitise pour l’alléchant fessier du nouveau collègue prof de gym. Il est très joli garçon, a trente ans de moins qu’elle et lui remonte le moral. En échange de quoi, elle lui raconte des blagues grivoises, l’eau à la bouche et la main baladeuse.

LES FEMMES PROFS SONT-ELLES VRAIMENT… DES FEMMES ?

De nos souvenirs à la réalité professorale quotidienne, il y a à peine un pas. Les stéréotypes ont la peau dure et les mythes sont vivaces. Cependant, après avoir mené à bien de longues années d’études, passé -et repassé- des concours de haut niveau, la réalité « du terrain » que découvrent ces enseignantes est souvent à des années lumière de leurs rêves et de leurs illusions. Car elles sont bien des femmes, avec leur vie, leur intimité de femmes, trop souvent propulsées sans ménagement dans une jungle sauvage et oppressante. Elles travaillent alors très dur, petits soldats au service de l’Institution, tout en essayant de préserver leur intégrité féminine…

Quand votre Arthur ramènera son bulletin auquel figure un 02 souligné d’un trait rouge et rageur par sa prof d’allemand, ne vous ruez pas sur cette quiche qui a forcément votre chère tête blonde dans le nez… Cherchez plutôt à savoir votre cher ange est assis dans la classe et quel type d’élève il peut bien être.

Et vous, quel(lle) élève étiez-vous donc ?

 

Un été érotique

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  20160905_114727  On a beau vous seriner sur tous les tons qu’il est économiquement correct d’acheter français, avouez-le… Vous vous étiez précipité(e) sur…Grey dès sa parution ! Par cul-riosité, juste pour voir. Quelque soit votre alibi, vous comptez vraiment étaler votre serviette de plage aoûtienne pour vous (re ? ) plonger dans les insipides aventures pseudo SM du millionnaire fat qui excite Margot -pardon, Anastasia…- dans les chaumières ?

Sans aller jusqu’à faire des fouilles dans « l’enfer » de la B.N pour se souvenir que Anaïs Nin, Pauline Réage ou Régine Deforges ont depuis bien longtemps ouvert la voie de l’érotisme féminin, de beaux textes contemporains sont à découvrir, voire à relire, pour notre plus grand plaisir.

Voici quelques suggestions – surtout pas exhaustives – qui pourraient bien vous enchanter.

Faut-il rappeler le nom de Françoise Rey, surnommée à juste titre (les siens sont nombreux !) La grande Dame de l’érotisme ? Ou celui de Françoise Simpère ? Leur écriture est hautement excitante, raffinée, tout comme la plume si sensuelle d’Anne Bert dont « L’eau à la Bouche » ou « S’inventer un autre jour » sont de vraies perles, tout comme « Perle », son premier roman.

Qu’il s’agisse de romans, de novellas ou de nouvelles, l’éventail du choix contemporain est si large qu’il ne peut que combler la lectrice coquine qui sommeille en chacune d’entre nous.

Catherine Marx, Eva Delambre, Octavie Delvaux, Emma Cavalier, Aline Tosca, Julie Derussy, Clarissa Rivière, Noann Lyne, Alexandrine d’Aumale, Barbara Katts, Cassandra Maraval, Alexandra Di Folco… Et Julie-Anne de Sée (pour ne citer qu’elles)  ont toutes des plumes bien trempées !

Leurs ouvrages sont abondants et alléchants. Il suffit de visiter leurs maisons d’édition ou les revendeurs pour y dénicher de vraies pépites.

(Tabou, La Musardine, Blanche, Pocket, Numeriklivres, Dominique Leroy, la Collection Paulette des Édition du 38, L’Ivre-Book entre autres, Fnac, Amazon)

Et les messieurs, me direz-vous ? Au pays du divin marquis, la relève est plus qu’assurée. Qu’ils soient de vieux briscards du sexe comme Patrick Le Sage (Maître SM, aux éditions Tabou), ou bien des journalistes connus qui lorgnent du côté de leurs fantasmes pour y donner libre cours. Ainsi Philippe Lecaplain vous fera rire tout en vous émoustillant avec ses surprenantes « Dames de l’Annonce », dont il a fait une pièce jouée avec succès l’hiver dernier dans une petite salle parisienne. Les chevelures de feu deviennent obsession dans « Pourvue qu’elle soit rousse » de Stéphane Rose, La truculence amusante d’Etienne Liebig vous troublera, Denis Robert vous surprendra avec « Le Bonheur ». Vous ne pourrez qu’aimer la « Christelle corrigée » de Romain Slocombe, « Les Délices de la Duchesse » de Charles Delygne, « Les chattes » de Thomas Galley, les délicieux ouvrages de Jean-Baptiste Messier ou bien les textes de Daniel N’Guyen, Jean Zaga ou encore la poésie libertine de Galan Dorgia.

Pour en savoir davantage, consultez La Bauge Littéraire

(http://baugelitt.eu/)

Alors, et vous, lirez-vous français cet été ?

L’amour des mots en héritage

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20160724_082910Dans ma famille paternelle, on a fait les enfants à un âge déjà avancé et un étonnant décalage de générations s’est établi. Du fait des guerres, peut-être. Ainsi ma chère Mémé Sidonie aurait pu être mon arrière grand-mère, mon père mon grand-père.

J’entends encore les chansons qui me berçaient, d’une autre époque, où il était question d’amours paysannes. La « tant belle amie » s’en allait à la rivière pour y faire boire son « vieau », elle y rencontrait Pierre, le fils « à Nicolas Gerviaux » et n’en revenait pas indemne. Le sens caché m’échappait, je m’assoupissais avant la fin de l’histoire aux nombreux couplets. Sidonie chantait, comme on récite une antienne, avant d’égrener son chapelet et murmurer en roulant les r (elle était native de Sarlat) dix Je vous salue Marie d’affilée.

Mais surtout, elle faisait usage de nombreuses expressions qu’elle m’a légué et qui émaillaient ses propos. Il arrive que mes interlocuteurs en soient surpris et amusés lorsque l’une ou l’autre m’échappe encore car elles renvoient à des temps révolus, à une culture de terroir, en un langage fleuri, souvent allusif.

Les comparaisons animalières reflétaient une certaine sagesse populaire, empreinte d’un bon sens non dénué d’humour. Pour décrire quelqu’un, par exemple. D’une personne empotée, on dirait une poule qui a trouvé un cure-dent, un sot  est bête à manger du foin et mieux vaut céder aux ânes plutôt que de les battre. Une personne disgracieuse est laide à faire rater une couvée de singes. Une femme maigre est épaisse comme une limande en couches, à l’inverse et ronde on ne l’a pas engraissée à l’eau claire (allusion à la nourriture donnée aux cochons) et de celle qui est mal fagotée, sa toilette lui va comme un tablier à une vache ou elle est fichue comme l’as de pique. Un sournois est franc comme un âne qui recule, un susceptible a été vexé comme un rat sans queue, un joyeux peut être excité comme un pou sur une gale, celui qui avale de travers a dans la gorge un chat qui veut passer la queue levée. Peut-être le liquide a-t-il emprunté le trou de la prière car celui qui s’étouffe s’en est jeté un derrière la cravate ou bien en écoutant quelqu’un chanter faux dont il dit qu’ il chante mieux qu’un cheval mais court moins vite. Lorsqu’on reçoit un cadeau, il faut savoir s’en contenter car à cheval donné, on ne regarde pas la bride. Justement, quand on se contente de ce que l’on a, cela fait la rue Michel, formule empruntée aux conducteurs de fiacre.

Souvenir encore des voitures à cheval : quand le sommeil nous gagne, on a les paupières lourdes, en capote de fiacre. Les allusions sexuelles étaient adroitement dissimulées dans l’emploi des mots. Un cœur qui bat la breloque est sur le point de tomber amoureux, ce qui lui pend au bout du nez comme un sifflet de deux sous avant de faire zizi pan pan ou une fricassée de museaux sous une charmille. Alors, pour avoir les pieds en bouquet de violettes, (jouir), pas question de s’endormir sur le rôti ! (avoir un fâcheuse panne…) Cela faisait bien rire la tsitsimoriotte que j’étais alors et qui ne captait pas ces doubles-sens pourtant clairs comme de l’eau de roche.

On peut se moquer du tiers comme du quart d’avoir raté quelque chose, donc d’ être chocolat. Si l’on est conciliant, on est du bois dont on fait les flûtes, voire, on a le caractère mieux fait que la taille. À moins que l’on ne soit agacé par une situation qui fait friser les moustaches. On peut alors se consoler d’un brimborion (un petit objet dérisoire) qui ne casse pas trois pattes à un canard ou avec un bon repas et ainsi sortir son ventre de la misère, parce que ce n’est pas tous les jours fête et lendemain dimanche avant de se laisser tomber comme une poire chope (trop mûre). Toute occasion de distraction est bienvenue, faute de quoi le temps semble long comme un jour sans pain.

Le paresseux n’a guère plus de courage que de beurre à la bretelle et, indifférent, comme il fait son lit il se couche, sans doute n’importe comment, à la va comme je te pousse. S’il est totalement à côté de la plaque, répond sans rapport avec la question posée, on dira Bonjour Guillaume, Monsieur, je fauche. A moins qu’il ne se perde en divagations et qu’il en fasse six caisses et trois petits fûts, ou soit pris d’envie de meurtre en imaginant faire boire un bouillon d’onze heures …Si seulement. Mais, avec des « si », on mettrait Paris en bouteille. Ce pourquoi sans doute, si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle. Autre référence à connotation sexuelle, à laquelle ma mère ajoutait bien vite prévenant mes questions d’enfant curieuse:

— Des moustaches, bien sûr !

Moustaches